Lunettes et appareils auditifs : éviter la gêne derrière les oreilles
Lunettes et appareils auditifs créent souvent une vraie gêne derrière les oreilles : pourquoi cela arrive, et les solutions concrètes pour les faire cohabiter.
Porter à la fois des lunettes de vue et des appareils auditifs semble à première vue sans rapport, jusqu’à ce que les deux équipements se disputent littéralement le même espace derrière l’oreille, plusieurs heures par jour. Cette cohabitation, rarement anticipée avant qu’elle ne devienne gênante, concerne pourtant un nombre croissant de personnes, en particulier après un certain âge où les deux besoins se combinent fréquemment.
Ce dossier détaille pourquoi cette gêne apparaît, les ajustements de monture qui peuvent l’atténuer, les accessoires spécifiquement conçus pour cette cohabitation, et l’intérêt d’une coordination entre opticien et audioprothésiste.
Il ne s’agit pas d’un avis médical individuel. Toute gêne persistante ou toute irritation cutanée derrière l’oreille relève d’un avis auprès de l’opticien, de l’audioprothésiste, ou d’un médecin en cas de doute sur la peau.
Pourquoi cette gêne apparaît-elle spécifiquement à cet endroit ?
L’espace derrière l’oreille est anatomiquement restreint, et les deux équipements y reposent selon des logiques différentes. La branche d’une paire de lunettes s’appuie sur le dessus et l’arrière de l’oreille, en suivant une courbe qui maintient la monture en place sur le visage. Le contour d’oreille d’un appareil auditif, de son côté, épouse une zone très proche, parfois quasi superposée, pour maintenir l’appareil correctement positionné et stable.
Cette proximité mécanique crée une pression cumulée, que chaque équipement pris isolément ne provoquerait pas. Une branche de lunettes bien réglée, seule, peut être parfaitement confortable ; un appareil auditif bien ajusté, seul, également. C’est leur superposition dans un espace limité qui génère l’inconfort, souvent plus marqué en fin de journée à mesure que la peau et les tissus environnants accumulent la pression répétée.
Quels ajustements de monture peuvent améliorer le confort ?
Le choix de la monture, et en particulier de ses branches, influence directement la façon dont les deux équipements cohabitent au quotidien.
Notre dossier sur les meilleurs matériaux pour les montures de lunettes détaille les caractéristiques de chaque matériau disponible, un choix qui prend un relief particulier pour les personnes qui portent également des appareils auditifs, où la légèreté et la souplesse comptent davantage que pour un porteur de lunettes seules. Notre dossier sur les signes qui doivent conduire à changer de lunettes rappelle par ailleurs qu’un inconfort persistant, quelle qu’en soit la cause, ne doit jamais être considéré comme une contrainte à accepter durablement sans chercher de solution.
Quels accessoires existent pour faciliter cette cohabitation ?
Au-delà du choix de la monture elle-même, plusieurs accessoires spécifiques peuvent réduire la pression cumulée derrière l’oreille.
Pourquoi coordonner opticien et audioprothésiste ?
Ces deux professionnels interviennent souvent de façon indépendante, chacun optimisant son propre équipement sans nécessairement avoir connaissance des contraintes posées par l’autre. Signaler explicitement à son opticien le port d’appareils auditifs, et inversement signaler à son audioprothésiste le port de lunettes, permet d’orienter les choix et les réglages en tenant compte de cette cohabitation quotidienne, plutôt que de découvrir l’incompatibilité une fois les deux équipements achetés séparément.
Cette coordination reste rarement systématique dans la pratique, ce qui rend d’autant plus utile d’en prendre l’initiative soi-même, en particulier lors du renouvellement de l’un des deux équipements, moment le plus propice pour ajuster le choix en fonction de l’autre déjà en place.
Lunettes de vue, lunettes de soleil : le même problème se pose-t-il ?
La question de la cohabitation avec les appareils auditifs se pose de la même façon pour une paire de lunettes de soleil que pour une monture de vue classique, dès lors que les branches reposent sur la même zone derrière l’oreille. Les personnes qui alternent entre plusieurs paires au cours de la journée, une monture de vue le matin, des solaires en extérieur, gagnent à appliquer les mêmes critères de choix, branches fines et souples, à chacun de leurs équipements plutôt qu’à une seule paire portée occasionnellement.
Cette cohérence évite de retrouver le même inconfort à chaque changement de monture, un désagrément d’autant plus frustrant qu’il aurait pu être anticipé dès le choix de la seconde paire si le premier ajustement avait déjà identifié les critères qui fonctionnent le mieux pour la personne concernée.
Adapter aussi le choix du contour d’oreille de l’appareil auditif
La solution ne réside pas uniquement du côté des lunettes : l’audioprothésiste dispose également de leviers pour adapter le contour d’oreille de l’appareil auditif à cette cohabitation. Certains modèles, plus compacts ou dessinés différemment, occupent moins d’espace dans la zone où la branche de lunettes vient également reposer, ce qui réduit d’autant la pression cumulée ressentie par le porteur des deux équipements.
Un changement de modèle d’appareil auditif ne se décide évidemment pas à la légère et dépend avant tout du niveau de correction auditive nécessaire, mais il mérite d’être évoqué avec l’audioprothésiste lorsque la gêne mécanique avec les lunettes devient un facteur de renoncement au port régulier de l’un des deux équipements, ce qui serait préjudiciable à la fois pour la vue et pour l’audition de la personne concernée.
Quand cette gêne doit-elle conduire à un réajustement plutôt qu’à une simple tolérance ?
Une gêne qui s’accentue progressivement au fil de la journée, ou qui devient systématique après plusieurs semaines de port des deux équipements, ne doit pas être considérée comme une fatalité à laquelle il faudrait simplement s’habituer. Un réajustement, qu’il s’agisse de la monture, de l’appareil auditif, ou des deux, reste généralement possible et apporte souvent un soulagement net.
Pour les personnes chez qui l’ajustement des équipements ne suffit pas à résoudre totalement la gêne, une réévaluation de la correction visuelle elle-même, y compris la question d’un passage aux lentilles de contact pour les activités les plus gênantes, peut être envisagée avec l’ophtalmologiste ou l’opticien, en complément des ajustements de monture déjà évoqués.
Un sujet encore trop peu documenté
Cette cohabitation entre lunettes et appareils auditifs reste étonnamment peu abordée dans la littérature grand public consacrée à l’optique ou à l’audition, chacun de ces deux univers professionnels traitant traditionnellement son équipement de façon isolée. Cette lacune explique pourquoi de nombreuses personnes concernées découvrent la gêne par elles-mêmes, sans savoir qu’il existe des solutions concrètes et des professionnels sensibilisés à cette problématique spécifique.
En parler ouvertement avec son opticien et son audioprothésiste, plutôt que de considérer cette gêne comme une fatalité liée au cumul des deux équipements, reste le meilleur moyen d’obtenir des conseils réellement adaptés à sa morphologie et à ses deux besoins simultanés.
Que faire lors du renouvellement de l’un des deux équipements ?
Le moment le plus propice pour résoudre durablement cette gêne reste celui du renouvellement de l’un des deux équipements, plutôt que d’attendre que les deux paires actuelles s’usent en même temps. Une personne qui doit changer de monture, par exemple à l’occasion d’une évolution de sa correction, gagne à emporter avec elle ses appareils auditifs lors de l’essayage en magasin, pour vérifier concrètement la compatibilité des branches envisagées avant de finaliser son choix, plutôt que de découvrir un problème une fois la nouvelle paire reçue.
Cette même logique s’applique dans l’autre sens : une personne qui renouvelle ses appareils auditifs gagne à se présenter avec sa monture habituelle chez l’audioprothésiste, pour tester ensemble les modèles envisagés plutôt que de choisir un contour d’oreille sans tenir compte de l’équipement optique déjà en place au quotidien.
Ce dossier en bref
La cohabitation entre lunettes et appareils auditifs derrière l’oreille crée une pression cumulée que chaque équipement pris isolément ne provoquerait pas, un inconfort qui touche particulièrement les personnes âgées équipées des deux dispositifs. Le choix de branches fines et souples, l’usage d’accessoires spécifiques et une coordination entre opticien et audioprothésiste permettent, dans la grande majorité des cas, de réduire nettement cette gêne. Une irritation qui persiste malgré ces ajustements mérite un avis médical plutôt qu’une simple tolérance prolongée.
Questions fréquentes
Pourquoi les lunettes et les appareils auditifs se gênent-ils autant derrière l'oreille ?
L'espace derrière l'oreille est limité, et les deux équipements y reposent de façon différente : la branche des lunettes s'appuie sur le dessus et l'arrière de l'oreille, tandis que le contour d'oreille de l'appareil auditif épouse une zone très proche, parfois superposée. Cette proximité mécanique peut créer une pression cumulée, en particulier en fin de journée de port prolongé.
Faut-il choisir des branches de lunettes spécifiques quand on porte des appareils auditifs ?
Cela peut nettement améliorer le confort. Des branches plus fines, en matériau souple, ou des embouts spécifiquement conçus pour laisser plus de place à l'appareil auditif réduisent la pression cumulée. Un opticien peut orienter vers ces options lors du choix d'une nouvelle monture, en particulier pour une personne qui porte déjà des appareils auditifs.
Existe-t-il des accessoires pour faciliter le port simultané des deux équipements ?
Oui, plusieurs solutions existent, notamment des embouts de branches redessinés pour créer davantage d'espace, ou des clips qui stabilisent l'appareil auditif indépendamment de la branche de lunettes. Certains fabricants d'appareils auditifs proposent également des contours spécifiquement pensés pour cohabiter avec le port de lunettes.
L'audioprothésiste et l'opticien doivent-ils se coordonner ?
Cela reste très utile, même si ce n'est pas systématique dans la pratique. Signaler à chaque professionnel le port de l'autre équipement permet d'adapter les réglages en conséquence, plutôt que d'optimiser chaque appareil de façon isolée sans tenir compte de la cohabitation quotidienne des deux.
La gêne derrière les oreilles peut-elle s'aggraver avec le temps ?
Oui, en particulier si la cause mécanique n'est jamais corrigée : une pression répétée au même endroit peut, à terme, provoquer une irritation cutanée persistante ou une sensibilité accrue de la zone concernée. Un réajustement précoce, dès les premiers signes de gêne, reste préférable à une simple tolérance prolongée de l'inconfort.
Peut-on porter des lentilles de contact pour éviter ce problème ?
C'est une option à considérer pour les personnes éligibles, qui supprime totalement la question des branches derrière l'oreille. Ce n'est cependant pas une solution universelle : toutes les corrections ne se prêtent pas aux lentilles, et certaines personnes préfèrent conserver leurs lunettes pour d'autres raisons. Un ophtalmologiste ou un opticien peut évaluer cette option au cas par cas.